Article sur le maternage par terrafemina

Publié le par bebetendresse.over-blog.fr

Focus sur le maternage intensif

Par La rédaction   -  Publié le 5 mars 2010
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Allaiter son enfant à la demande, le porter contre soi dans une écharpe et même parfois le faire dormir dans le même lit que papa et maman, c’est le choix de plus en plus de couples, adeptes du « maternage intensif ». Pourquoi avoir choisi cette pratique ? Est-elle bonne pour l’enfant ? Terrafemina se penche sur le sujet.

Maternage intensif : est-ce bon pour le développement de l’enfant ?

Maternage intensif : est-ce bon pour le développement de l’enfant ?
Plus proche de son bébé

Comme toute maman, avant la naissance de Mina, Nicoz s’est posée beaucoup de questions sur la façon d’élever son bébé. Elle a lu de nombreux livres qui ne répondaient pas à ses questions, puis elle a découvert le maternage proximal.

 

Nicoz n’a pas vraiment choisi cette pratique, elle s’est imposée à elle comme une évidence. Mina, qui va bientôt avoir un an, est allaitée à la demande depuis sa naissance. « Au départ, j’allaitais selon les prescriptions du pédiatre, soit un quart d’heure par sein environ » précise Nicoz, « mais à la fin de la tétée, ma fille pleurait et j’avais l’impression qu’elle avait encore faim. Ca me stressait beaucoup. Alors, une fois rentrée à la maison, j’ai décidé de tester l’allaitement à la demande pendant une semaine. J’ai été très surprise ! Ma fille était plus calme et moi plus sereine. J’ai enfin pu profiter réellement de ces moment d’allaitement ».

 

« Grâce au maternage proximal je suis au plus près de mon bébé. Ainsi, je connais vraiment ma fille ! ». La semaine dernière Mina a fait ses premiers pas, mais avant elle était portée dans une écharpe, face à face avec sa maman. Jusqu’à trois mois, la petite a également partagé le lit parental. Une pratique qui n’a pas dérangé Nicoz et son mari : « L’intimité du couple est chamboulée par l’arrivée d’un bébé, que l’on pratique ou non le co-dodo. Il suffit de trouver des solutions, comme aller dans une autre pièce de la maison lorsque l’on veut avoir un moment d’intimité ». Aujourd’hui Mina dort dans sa chambre mais lorsqu’elle se réveille pendant la nuit, elle se rendort dans le lit parental.

En France, le maternage fait des adeptes

En France, le maternage fait des adeptes
En France, le maternage fait des adeptes

Les fondements théoriques du maternage intensif reposent sur la théorie de l’attachement, élaborée par le pédiatre et psychanalyste anglais, John Bowlby (1907-1990). Pour ce dernier, l’attachement fait partie des besoins primaires du bébé ; tout comme un jeune enfant doit s’alimenter pour grandir, il doit aussi créer un lien privilégié avec l’adulte pour trouver sécurité et réconfort et se développer au mieux.

 

En France, la pratique se développe peu à peu et fait, depuis quelques années, de plus en plus d’adeptes ; les blogs émergent ça et là, et les sujets de discussion sur le maternage se multiplient au sein des forums.

 

Bénédicte Opitz, Présidente de La Leche League (LLL), une association qui soutient l’allaitement maternel, a remarqué cette évolution : « Ces dernières années, de plus en plus de mamans font appel à nous. Nous notons une hausse des réunions d’information de la LLL ainsi qu’une multiplication des visites sur notre site Internet ». En ce qui concerne l’allaitement, les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis 2000 on note chaque année une hausse de 2% des mères allaitantes. Selon les derniers chiffres, parus en 2004, 64% des mamans donneraient aujourd’hui le sein à leur bébé ; un taux qui atteint même les 68% à Paris ! « De plus en plus de femmes souhaitent continuer à allaiter une fois qu’elles reprennent le travail » note Bénédicte Opitz.

Le maternage, avec précautions et mesure

Le maternage, avec précautions et mesure
Le maternage, avec précautions et mesure

 La plupart des intervenants que nous avons interrogés est favorable au maternage. Ils émettent toutefois quelques réserves, notamment en ce qui concerne la sécurité de l’enfant.

 

Ainsi, si la Société Française de Pédiatrie (SFP) n’a pas de position officielle au sujet du maternage, elle s’oppose au co-sleeping ; le Professeur Alain Chantepi, Président de la SFP, explique que « le co-dodo ne pose pas de problème si le bébé dort dans un berceau à côté de ses parents. Toutefois, si le petit partage le lit parental, la technique est fortement déconseillée car, dans ce cas-là, le risque de mort par étouffement augmente de 20% ».

 

Autre limite du maternage : l’équilibre du couple. Comment le papa trouve-t-il sa place dans cette relation mère-enfant si fusionnelle ? C’est la question à laquelle répond Florence Lamy, auteure d’un mémoire en psychopathologie sur le burn-out maternel : « Cette pratique impose aux mères d’être très disponibles pour leur bébé. Le mari peut alors se sentir dépossédé de sa compagne. Avant de pratiquer le maternage proximal, il est important que le couple discute et se mette d’accord ». Elle précise : « le maternage intensif demande des qualités comme l’altruisme et la générosité. Il faut que les époux partagent les mêmes valeurs, pour que ce type de maternage fonctionne sans problème ».

 

Finalement, dans le maternage proximal, tout est une question de mesure !

 

C’est l’avis du Dr Arnault Pfersdorff, pédiatre réanimateur dans l’Unité de Néonatalogie de la Clinique Sainte-Anne, à Strasbourg. Il conseille aux parents « de suivre leur instinct ». Il est inutile de copier-coller les pratiques d’une sœur, d’une tante ou de suivre à la lettre les recommandations trouvées dans les livres. « Le maternage, c’est avant tout une question de ressenti, selon les parents, leurs caractères, leur bébé et la composition de leur famille… Tout le monde doit y trouver son compte, y compris le petit, que l’on doit laisser s’affirmer et se développer ».

 

Justement, le bébé, comment vit-il ce maternage ?

Et l'enfant dans tout ça ?

Et l'enfant dans tout ça ?
Et l’enfant dans tout ça ?

Sans aller jusqu’à soulever la question du fameux complexe d’Œdipe, le sujet mérite d’être étudié : après avoir été si proche de sa maman, l'enfant n'aura-t-il pas de mal à couper le cordon ? Pour la pédopsychiatre Linda Morisseau « Un bébé, même materné, à besoin de se construire et de suivre sa propre évolution, c'est important pour son développement. Si les parents instaurent ces principes dans leur maternage, il n'y aura pas de soucis ».

 

Attention toutefois, « Le maternage doit être pratiqué dans l'intérêt du bébé ! La maman ne doit pas individualiser la relation qu'elle a avec son petit mais, au contraire, lui permettre de s’épanouir ! Un jour il faudra se séparer l’un de l’autre. Si la relation est trop fusionnelle ce moment sera très difficile ».


En conclusion, dans le maternage comme dans l'éducation d'un enfant, tout est une question d'équilibre !

 

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Publié dans Maternage

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